Association Eau Roc Explo

Et nous voici à nouveau chez Papa Paul, devant une trop belle salade, suivie du fameux Dahl de Gérald, des souvenirs plein la tête et des mots qui se bousculent dans toutes celles-ci pour décrire ces quelques heures passées sous la terre de Savoie.

L’heure est grave, il faut enlever la néo et remettre ce tas de pus de combi spéléo, boueuse et trempée, avant d’entamer la remontée vers Hélios.
Je quitte rapidement les lieux, parce que j’ai décidé par flemme et confort, de rester en étanche, et commence mon ascension. C’est plutôt cool, de beaux puits le long de grosses coulées de calcite…
Une étroiture agrémente la remontée, puis une seconde. Puis une troisième! Et enfin, une quatrième!! Première tentative, échec. Je redescends et me tourne, regarde bien où se trouvent les 2 marches en fer à béton, et c’est parti! Et merde, quelle galère avec ce putain de bras qui sert à rien. Mais ça y est, me voici enfin en haut de cette faille… Je prépare une cordelette pour les suivants que je préfère attendre, pour partager un peu de leur désarroi ☺ Céline s’en sort plutôt bien, les suivants aussi… enfin, pas tous…
Un peu plus haut, alors que je renseigne un livre d’or, la Tourette se fait entendre…Besoin d’un peu d’aide? Et puis vient le tour de Juan qui maudit la bonne cuisine de sa femme, puis Yvan, la taille de ses ancêtres. Lara rassure, Lara assure, Pascal réconforte, Pascal porte…
Elle est cool cette sortie ! Fitoja Express, peut-être, quant à la remontée… C’est plutôt antonymique!8 à 9 heures se sont écoulées sous la terre des Bauges, à ramper, à glisser, à nager et à contempler des paysages dont certains ne rêveront jamais…

Pour l’heure, nous nous débarrassons enfin de nos sacs et en avant Fitoja ! Parce que Fitoja, c’est avant tout le nom de cette salle.
Un monstre de 300 mètres de long ! Un balisage protège ces dentelles minérales, des centaines de fistuleuses ornent le plafond. J’ai même l’impression d’en voire bouger certaines, parmi les plus longues qui doivent avoisiner les 3 mètres. Impossible de prendre une photo du volume de la salle, mais wahou, quoi !

La rivière est magnifique, les coups de gouges sont de toutes beautés, avec un contraste de couleurs entre les zones creusées, les bosses, les creux… Le sol est hyper glissant.
Quelques désescalades ne sont franchement pas évidentes. Surpris, nous sommes déjà rejoints par l’équipe des « Je reste pas tout seul derrière »! Ah ben là, ça dépote ! Puis arrivent de nouvelles cordes… ça s’étire…
Après le shunt d’une zone siphonante, nous arrivons devant les cordes qui remontent vers la surface par la voie royale paraît-il, Fitoja express…

Je pousse mon cri caractéristique de mouette « AAouuuu » et quelqu’un me répond doucement « quoi »? C’est Pascal! Il est juste là, avec Yvan! Ouf, on est bien rassuré.
Et ils sont où Gérald et Céline? Avec un sourire en coin, Pascal nous répond qu’ils étaient devant eux (et du coup entre nous). On pense un peu à une blague, Pascal et Yvan aussi…
Ok, cool, ils se sont perdus dans un méandre de 20 cm de large. Comment est-ce possible? Ils ont du se déguiser en laminoir c’est pas possible! Alors on vote qui va les chercher, même si on sait pas vraiment où, on en a quand même une petite idée. Je me cache derrière mes mains genre j’suis pas là, espérant secrètement qu’il y aura 2 autres volontaires. Du coup, c’est Pascal et Martin qui se dévouent. Un dernier petit cri pour sonder les abysses, « AAouuuu », « oui, on est là » Ouf!  Pour le coup, on est tous rassuré !
Comme on commence à se les cailler sévère, (ça fait plus d’une heure qu’on est statique), on quitte le resto pour aller plonger dans le collecteur, scindant ainsi les 8 en 2x4.

Et maintenant, c’est changement de programme, un beau méandre, bien étroit, bien glissant, où retentissent de douces voix avec des paroles « putain de trou de merde », « je déteste ». Certains rêvent de boules quies…De mon côté, je n’ai qu’un bras de valide, c’est génial pour ce type de progression, du coup, je me retrouve parfois dans des positions un peu embarrassantes, le cul en l’air et la tête en bas, ficelé à la paroi par un kit que ma main peut sentir mais pas soulever. Du coup, j’appelle à l’aide, Lara… merci ☺
Martin court devant pour ouvrir la route, mais comme il est un peu loin, ça ne nous aide pas vraiment.
Ça y est, ça devient confortable, même large et nous ne tardons pas à découvrir le vestiaire où nous entendons gronder la rivière. 2 heures que nous sommes entrés dans l’œsophage. Nous sommes 4 depuis un petit moment, ayant perdu la traîne, nous commençons le repas concocté par Pascal et qu’il a eu l’excellente idée de partager en 2, dans 2 bidons séparés. Chouette, nous en avons un, on n'est pas obligé de manger le plus jeune…
Comme le temps passe, et que ça fait déjà 45 mn que nous sommes ici, nous commençons à nous inquiéter (et à nous peler)…

Kit au cul, chacun le sien, nous commençons les contorsions, ah oui, quand même… Puis arrive le premier passage bas, bien entendu, emprunté par un petit ruisselet…genre varan sur la pointe des phalanges, content de n’avoir mouillé que les gants ! Deuxième voute basse, bien plus basse, bon, ben ils sont mouillés mes coudes (et pas que) ! Un peu plus loin, c’est les genoux, puis les avant bras qui épongent le sol, trop cool…

« AAouuu » « quoi »?...
Tout avait pourtant bien commencé...
Le gîte, et le couvert ! Un accueil formidable de la famille Kern au sens large, les pieds sous la table et le couvert dressé. Retrouvailles chaleureuses… Petit déj type chambre d’hôtes, le café coule, le pain est tranché …
Comment ferons-nous la prochaine fois?
Les pas crissent sur la neige en faisant la trace en direction du gouffre du Pic noir. L’entrée est là, peu engageante, petit orifice au milieu de la forêt.
Nous sommes 8 à prendre le départ pour cette rivière qui nous fait de l’œil. 1h30, c’est le timing qui nous a été donné pour rejoindre la rivière… La cavité est aujourd’hui équipée, c’est cool !

Traversée Pic noir - Fitoja Express...
le 8/02/20
Gérald, Céline, Lara, Martin, Juan, Pascal, Yvan, Olivier
Texte et photos Courtois