Association Eau Roc Explo
Le contenu de notre petite sacoche de l'équipeur modèle diminue mais je ne vois toujours pas les derniers obstacles repérés lors de ma prospection. Nous arrivons devant une chute impressionnante et je suis pris d'un léger vertige devant l'obstacle suivant. Notre marge de sécurité horaire et matériel liée au débit un peu extravagant me cloue sur place! De plus, il semble envisageable d'emprunter un échappatoire alors que si nous poursuivons notre descente, ce ne sera plus le cas. Après une très courte discussion (et j'en remercie incommensurablement mes coéquipiers et leur confiance aveugle), nous quittons le cour d'eau pour rejoindre le sentier d'accès.
Et bonjour l'échappatoire! Après un éboulis plus qu'instable où j'installe une corde pour les suivants, me voici dans une partie verticale d'une dizaine de mètres où les rares prises sont des pièges éjectables...3 mauvais points posés au perfo, taillant des marches pour bout du pieds avec mon marteau, je dois traverser une zone toujours aussi pourrie puis arrive enfin sur un gros pin qui n'est pas encore descendu visiter le fond du canyon. Ce sera le second relais.
Quelques pas d'escalade, jeté de mes 25 mètres de dyneema autour d'un arbre, remontée au bloqueurs sur celle-ci, j'arrive enfin quelques mètres plus haut sur une terrasse et un gros pin. La corde est accrochée et mes coéquipiers peuvent me rejoindre à la lueur des frontales. Ouf!
Nous aurons mis 1h30 pour sortir de là, pris quelques cailloux sur le caillou, mais nous sommes heureux et plein d'entrain pour une prochaine expé...avec moins d'eau!
Un obstacle de moins à franchir, suffisamment à l'écart du bouillon
Traversée un peu aléatoire avec un jeté de main pour seul aide
D'impressionnantes cataractes se dessinent devant nous, les plus petites n'étant pas forcément les plus faciles à franchir. Au détour d'un virage, les parois se redressent, le profile se verticalise, le flux commence à ce concentrer en une unique veine et les difficultés apparaissent. Nous contournons encore quelques obstacles mais devons quand même installer quelques cordes. Un tantinet plus angoissante, nous poursuivons notre descente...
Au milieu de ce chao, traversée du flux sans mouiller le bout des gants
Chaudement vêtus, nous "glissons" vers le bas de la vallée
Après les lamentations d'usage, "et dire que certains(es) sont sous la pluie, en Alsace" ou bien du "y'a quand même du courant d'air quand ce petit nuage passe devant le soleil", nous nous équipons trop chaudement et dévalons un long chao entrecoupé de petits passages de désescalades...
Y'a quand même un peu d'eau, mais tant que l'on peut éviter le gros du flux, ça ne pose pas de problème.
Rechargement des accus au départ du canyon
Bardage de tavaillons sur notre sentier d'accès
Il pleut. Il pleut chez nous, il pleut chez les autres, il pleut partout, partout?
Partout? Non. Un secteur peuplé d'irréductibles rayons résiste encore et toujours à l'envahisseur. Mais la vie n'est pas facile pour la garnison d'explorateurs des camps retranchés de Ribeuvillé, de Meyenheim.
Il y a déjà quelques mois que nous n'avons plus fait d'explorations en canyon, et en raclant les fond de tiroirs, il m'apparait évident que nous serons que très moyennement bien armé pour cette journée. A peine une dizaine de plaquettes et un relais. :-( ... Ce sera donc une explo un peu roots.
Après une petite heure de marche sous un temps sec mais nuageux, nous arrivons dans cette large vallée glaciaire repérée il y a environ 2 ans et nous nous installons sous un soleil incroyable...
Pour une surprise...
Sous le soleil d'un jour de novembre...
Gérald / Dom / Olivier5/11/16
Texte et photos Courtois